* Titre largement inspiré de celui de cet ouvrage que j'ai très envie de lire mais qui risque de me foutre un peu les nerfs en pelote
Chaque entreprise représente un microcosme de la société et à chaque poste que j'ai occupé au sein de diverses structures, en observatrice de la nature humaine que j'aime être, je me suis retrouvée tour à tour admirative, étonnée mais malheureusement aussi souvent très remontée du fait de certains comportements.
Depuis presque trois ans, je travaille pour une grande entreprise qui, jusqu'à il y a peu, était une structure publique. Autant dire que quand j'y ai pris mes quartiers, j'ai été à maintes reprises stupéfaite par le mode de fonctionnement très "administratif", moi qui arrivais du privé. Néanmoins, même dans le privé, j'ai eu à faire à des tire-au-flanc, des profiteurs, des râleurs, parfois les trois à la fois.
Le dirigeant de l'entreprise, que je cotoie au quotidien, suscite toute mon admiration. C'est un bourreau de travail, impliqué dans chaque dossier qu'il maîtrise du bout des doigts, il est brillant et en même temps il a gardé un côté très accessible, très simple, très à l'écoute. Depuis une trentaine d'années à la tête de la hiérarchie, il apparaît presque comme une figure paternelle même si beaucoup en ont peur car il ne mâche pas ses mots quand il a à redire, qualité que je n'ai pas rencontré souvent chez des dirigeants, préférant laisser le "sale boulot" à leurs collaborateurs.
Autant dire que ceux qui officient dans son giron direct, dont je fais partie, sont à bonne école pour remplir leurs missions de façon consciencieuse et exigeante. Pour ma part, j'en suis ravie puisque cela répond parfaitement à mon perfectionnisme et à la rigueur que je m'impose.
Et puis il y en a d'autres, ceux qui sont loin de lui, géographiquement parce que dans des bureaux un peu éloignés, et dans la mentalité, l'éducation.
J'en ai eu encore aujourd'hui un exemple flagrant.
Un chef de service, avec le salaire qui va avec, soit environ le double du mien, m'envoie un mail pour solliciter un rendez-vous avec le grand chef afin d'évoquer les dossiers en cours. Tout le monde sait parfaitement que l'agenda du grand chef est très serré et que les disponibilités sont rares et précieuses.
Dans son mail, le type demande donc un créneau mais il se permet de poser ses conditions, fonction de ses engagements personnels (qui ne devraient normalement pas intervenir dans un cadre professionnel puisque TOUS, nous avons des vies hors du travail mais PRESQUE TOUS nous faisons en sorte qu'elles interfèrent au minimum dans le cadre professionnel), à savoir :
1/ pas après 16h00 car parfois il doit aller chercher son fils au collège - sans oublier au passage de citer ledit établissement qui est un des plus prisés de la ville, réservé à "l'élite", histoire de se donner de l'importance - et que comme il est divorcé et que la mère du gosse ne peut pas toujours s'en charger, blablablabla
Commentaire de moi-même : ton gosse, il a 14 ans, je pense qu'il est capable de prendre une carte de bus et de rentrer tout seul chez lui, d'autant que le collège se trouve dans la ville où il habite. Il existe aussi des femmes ou hommes seuls qui se font aider par un parent ou qui paient une nounou, et qui n'ont pas forcément les moyens financiers pour le faire mais ils se débrouillent...
J'ai envie de lui répondre que dès mes 11 ans et mon entrée au collège, je me tapais par tous les temps, 2km en vélo pour aller à l'arrêt du car qui ensuite m'amenait au collège situé à une dizaine de kilomètres et que si je finissais avant l'heure du car, j'allais en étude faire mes devoirs en attendant.
Que moi aussi j'avais des parents divorcés qui ne s'entendaient pas qui ne m'ont jamais couvée comme un oeuf sous le cul d'une poule et que je les en remercie car grâce à eux, j'ai vite appris à me débrouiller toute seule, à ne dépendre de personne et à ne pas attendre non plus quoi que ce soit de quiconque.
Et je ne suis pas devenue délinquante pour autant...
2/ pas le mercredi après-midi. Aucun motif invoqué quant à cette contrainte mais que je sache, il est payé pour un plein temps donc je me demande ce qui justifie qu'il ne contracte aucun engagement le mercredi aprem, peut-être qu'il veut être à la maison avec fifils défois qu'il ait besoin de son papa pour lui percer ses boutons.
3/ pas pendant la semaine LEGALE de vacances (j'aime le terme mis en avant, alors que le mec se prend des heures voire des demi-journées à foison sans rien demander à personne) qu'il va prendre en février.
Dans ma grande mansuétude, je n'ai pas donné le message en l'état au grand chef ne pas lui faire monter l'énervement parce sinon ce sont les collaborateurs qu'il a sous la main qui risquent d'en faire les frais.
J'ai donc juste proposé des créneaux adéquats.
Parfois je me demande pourquoi je suis aussi conne, à culpabiliser quand une ou deux fois dans l'année je dois partir un peu plus tôt pour un rendez-vous médical ou un truc dans le genre, alors que déjà les 37,5 heures hebdomadaires sont pour moi une utopie et qu'en plus je ne suis pas cadre.
Puis il y a les profiteurs, du genre de ce haut responsable qui lui, non content de voyager gratos partout dans le monde de par sa fonction en en faisant parfois profiter Madame, se fait faire de fausses factures par les restaurants où il bouffe pour 3 francs 6 sous afin de faire passer le montant maximum accordé par le plafond de remboursement sur note de frais et ainsi d'encaisser la différence.
Puis celui qui vient se plaindre à une assistante qui touche en gros cinq fois moins que lui que oui, c'est très difficile de partir au ski à quatre !!!
Un autre, du même acabit, qui clame qu'il attend les soldes d'hiver pour faire les cadeaux de Noël, pour faire des économies.
Ce sont toujours ceux là qui ont toujours une bonne excuse pour ne pas contribuer au cadeau d'un collègue sur le départ.
Le pire, c'est que ce sont toujours ceux là, les mieux lotis et les mieux payés, ceux qui profitent gratuitement de tout ce que le petit personnel doit payer, qu'il s'agisse de voiture, d'essence, de téléphone etc, qui râlent, qui gémissent, qui se plaignent de leur condition et qui osent faire semblant d'être débordés alors qu'en fait ils se barrent à 17h00.
Franchement, parfois, avec tout ce que je vois, tout ce que j'entends, tout ce que je lis, j'aimerais bien que le grand chef soit doté du don d'ubiquité pour observer tout ce qui se passe ailleurs qu'à la direction où le niveau de pression et d'exigence est au plus haut.
J'attends patiemment les bouleversements qui devraient intervenir l'année prochaine. Certains risquent de trembler...
En attendant, je contiens souvent tant bien que mal mon agacement et mène du mieux possible les tâches qui m'incombe sans me plaindre et avec le sourire !
Je ne suis peut-être pas surdiplômée, je ne suis peut-être pas en haut de l'organigramme, mais au moins je suis généreuse, je ne suis pas blasée, je sais me contenter de peu, je suis autonome et je travaille dans la bonne humeur...
Alors c'est certain, je ne serai jamais riche !
5 commentaires:
Oh mon dieu comme je te comprends, et comme on se ressemble (ça m'étonne toujours !)
Deux ans dans l'éducation nationale à côtoyer ce même monde d'ingratitude et de fainéantise... ça m'a rendue folle.
J'ai préféré tout quitter et trouver du boulot ailleurs, retourner dans le privé. Et j'ai débuté 2011 en retrouvant une place (ce que j'espère à ton homme : il a des pistes sérieuses ? déjà repris ??).
Plein de bises et tous mes voeux !
@ Nannouch : Très bonne année à toi également et j'espère que tout se passera bien dans ton nouveau job.
Tu vois, la preuve que dans le privé, c'est gratiné aussi... Encore que la boite pour laquelle je bosse était encore il y a peu semi-publique alors il y a des méthodes et des habitudes très "administratives".
Mon homme n'a pas de piste sérieuse pour l'instant, il active au maximum son réseau et attend son premier entretien avec le P*le Emploi (qui aurait dû se faire dans les 8 jours suivant le début de la CRP, là ça fait un mois qu'elle a démarré mais bon, tu comprends, y'a eu des vacances entre temps alors...)
A bientôt Nannouch
Ouais, chez Paul, c'est très administratif aussi...
Bon courage à ton homme alors !
Hé bé...quand je dis qu'on est entourés de c*******s franchement il y en a qui ne doutent de rien...tu es très diplomate je trouve...
"les cons ça osent tout, c'est à ça qu'on les r'connait" lol...Lino Ventura...les tontons flingueurs...bon courage ma belle, et surtout ne bouscule pas le pôle emploi, ils sont Débordés...MDR...biz
@ Nannouch : Chez Paul, c'est surtout pas bon (enfin, désolée, c'est ce que je pense...)
L'essentiel est de se sentir bien dans son job, globalement c'est mon cas, même si parfois je sens la boufaillisse monter !
A bientôt, bises
@ Joëlle : J'ai intérêt à être diplomate sinon j'aurais des problèmes. Heureusement que c'est dans mon tempérament.
Pour ce qui est du P*le Emploi, je préfère ne rien ajouter car tout est dit dans ton commentaire !
A bientôt, je t'embrasse
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