Lorsque je discute avec quelques collègues, également mamans d'adolescents, je me rends compte à quel point notre monde a évolué.
L'une d'entre elles me racontait il y a quelques jours, à son retour de vacances où elle a mené toute sa petite famille festoyer pour Noël à La Grosse Pomme, ce qui n'est quand même pas rien, que sa fille ainée, proche de la majorité, n'a cessé de râler car elle ne pouvait pas surfer comme elle voulait ni utiliser son Iph*ne. Blasée, elle ne se rendait visiblement pas compte de la chance qui lui était offerte de passer ces moments privilégiés en famille dans cette ville qu'il n'est pas donné à tout le monde de visiter.
Faites le test lors d'une réunion de famille ou bien d'une fête organisée, posez la question "De quoi ne pourriez-vous vous passer ?" et vous constaterez que beaucoup, y compris adultes, livreront des réponses sans équivoque du style "de mon portable, d'internet, de ma console etc etc"...
Alors je reviens en arrière - ce qui ne me rajeunit guère - et je me remémore mon adolescence, il y a un peu plus de vingt ans. J'étais en souffrance, solitaire et torturée. Si l'on m'avait posé cette question à l'époque, j'aurais répondu : "de livres et de mes amis".
Aujourd'hui, beaucoup, toutes générations confondues, sont à l'affût du dernier modèle de portable, de la dernière révolution technologique, quitte à les acquérir à crédit. Je suis effarée de voir des mômes de 14-15 ans brandir leur I-machin, leur Black-bidule comme des quasi-prothèses de leurs corps. Je me suis plusieurs fois surprise à constater, dans un quelconque reportage, que la famille présentée comme surendettée ou en grande précarité possédait son bel et grand écran plat. Comme s'il fallait absolument posséder ces objets dernier cri pour se sentir mieux, pour se valoriser vis à vis des tiers.
Dans ce cas j'invite plutôt à aller consulter un psy !
Pourquoi certains s'excusent, tout essoufflés, lorsqu'ils ne répondent pas instantanément sur leur portable ? Pourquoi tant utilisent le portable au volant, alors qu'il y peu de conversations qui ne puissent attendre de les mener en toute sécurité ? Au nom d'une sacro sainte liberté, il faudrait être joignable partout, tout le temps... Je revendique la liberté de répondre à qui je veux, quand je le veux, sans avoir à me justifier si je ne m'exécute pas illico presto.
Pour ce qui est d'internet, je bats ma coulpe. J'en suis moi-même une fervente utilisatrice et je fais le constat qu'il est quasiment impossible de vivre sans. Il me permet d'exprimer mes pensées comme je le fais ici, d'élargir mon champ de connaissance , de m'informer autrement, de communiquer autrement, de rester proche de mes amis et de ma famille éloignés. Toutefois, lorsque je pars à l'étranger, ce qui est assez régulièrement le cas, je ne souffre d'aucun manque si je ne me connecte pas pendant une semaine. Au contraire, j'ai presque l'impression de faire "une cure de désintox", alors même que je ne me considère pas comme accro. J'ai l'impression de prendre une grande bouffée d'air frais en me coupant ainsi du monde virtuel.
Cette sensation est nouvelle car il est vrai qu'avant, avant d'être pleinement épanouie dans mon quotidien, j'utilisais souvent Internet comme une bouée de sauvetage, un outil pour "faire des rencontres", pour passer le temps, pour exprimer mon mal-être. Or, depuis que je suis amoureuse pour de vrai -parce que plus le temps passe et plus je me demande si tout ce que j'ai vécu avant relevait bien de l'amour- mes attentes, mes manques sont comblés par ma moitié. J'ai renoué avec la valeur "famille" en laquelle j'émettais de gros doutes quant à sa préciosité.
Ce que j'aurais envie d'exprimer aux adolescents d'aujourd'hui, c'est qu'il est indispensable d'être relié aux autres et au monde par les nouvelles technologies, mais qu'elles ne représentent pas l'essentiel. Elles ne peuvent remplacer un bon livre, ni les amis. Il vaut mieux partager un bon repas famille, même si c'est vrai, parfois c'est barbant, plutôt que de s'isoler dans sa chambre pour chatter, pour poker ou pour tagger. Il faut savoir les consommer utilement et avec parcimonie et pas comme un outil pour rompre l'isolement car au contraire, elles isolent encore plus.
Il faut surtout fuir toute forme de dépendance et redonner leur place aux valeurs du coeur, ne pas ériger le matérialisme en valeur refuge.
Je réalise également à quel point la mission d'élever et d'éduquer un enfant ne doit pas être tâche aisée...
L'une d'entre elles me racontait il y a quelques jours, à son retour de vacances où elle a mené toute sa petite famille festoyer pour Noël à La Grosse Pomme, ce qui n'est quand même pas rien, que sa fille ainée, proche de la majorité, n'a cessé de râler car elle ne pouvait pas surfer comme elle voulait ni utiliser son Iph*ne. Blasée, elle ne se rendait visiblement pas compte de la chance qui lui était offerte de passer ces moments privilégiés en famille dans cette ville qu'il n'est pas donné à tout le monde de visiter.
Faites le test lors d'une réunion de famille ou bien d'une fête organisée, posez la question "De quoi ne pourriez-vous vous passer ?" et vous constaterez que beaucoup, y compris adultes, livreront des réponses sans équivoque du style "de mon portable, d'internet, de ma console etc etc"...
Alors je reviens en arrière - ce qui ne me rajeunit guère - et je me remémore mon adolescence, il y a un peu plus de vingt ans. J'étais en souffrance, solitaire et torturée. Si l'on m'avait posé cette question à l'époque, j'aurais répondu : "de livres et de mes amis".
Aujourd'hui, beaucoup, toutes générations confondues, sont à l'affût du dernier modèle de portable, de la dernière révolution technologique, quitte à les acquérir à crédit. Je suis effarée de voir des mômes de 14-15 ans brandir leur I-machin, leur Black-bidule comme des quasi-prothèses de leurs corps. Je me suis plusieurs fois surprise à constater, dans un quelconque reportage, que la famille présentée comme surendettée ou en grande précarité possédait son bel et grand écran plat. Comme s'il fallait absolument posséder ces objets dernier cri pour se sentir mieux, pour se valoriser vis à vis des tiers.
Dans ce cas j'invite plutôt à aller consulter un psy !
Pourquoi certains s'excusent, tout essoufflés, lorsqu'ils ne répondent pas instantanément sur leur portable ? Pourquoi tant utilisent le portable au volant, alors qu'il y peu de conversations qui ne puissent attendre de les mener en toute sécurité ? Au nom d'une sacro sainte liberté, il faudrait être joignable partout, tout le temps... Je revendique la liberté de répondre à qui je veux, quand je le veux, sans avoir à me justifier si je ne m'exécute pas illico presto.
Pour ce qui est d'internet, je bats ma coulpe. J'en suis moi-même une fervente utilisatrice et je fais le constat qu'il est quasiment impossible de vivre sans. Il me permet d'exprimer mes pensées comme je le fais ici, d'élargir mon champ de connaissance , de m'informer autrement, de communiquer autrement, de rester proche de mes amis et de ma famille éloignés. Toutefois, lorsque je pars à l'étranger, ce qui est assez régulièrement le cas, je ne souffre d'aucun manque si je ne me connecte pas pendant une semaine. Au contraire, j'ai presque l'impression de faire "une cure de désintox", alors même que je ne me considère pas comme accro. J'ai l'impression de prendre une grande bouffée d'air frais en me coupant ainsi du monde virtuel.
Cette sensation est nouvelle car il est vrai qu'avant, avant d'être pleinement épanouie dans mon quotidien, j'utilisais souvent Internet comme une bouée de sauvetage, un outil pour "faire des rencontres", pour passer le temps, pour exprimer mon mal-être. Or, depuis que je suis amoureuse pour de vrai -parce que plus le temps passe et plus je me demande si tout ce que j'ai vécu avant relevait bien de l'amour- mes attentes, mes manques sont comblés par ma moitié. J'ai renoué avec la valeur "famille" en laquelle j'émettais de gros doutes quant à sa préciosité.
Ce que j'aurais envie d'exprimer aux adolescents d'aujourd'hui, c'est qu'il est indispensable d'être relié aux autres et au monde par les nouvelles technologies, mais qu'elles ne représentent pas l'essentiel. Elles ne peuvent remplacer un bon livre, ni les amis. Il vaut mieux partager un bon repas famille, même si c'est vrai, parfois c'est barbant, plutôt que de s'isoler dans sa chambre pour chatter, pour poker ou pour tagger. Il faut savoir les consommer utilement et avec parcimonie et pas comme un outil pour rompre l'isolement car au contraire, elles isolent encore plus.
Il faut surtout fuir toute forme de dépendance et redonner leur place aux valeurs du coeur, ne pas ériger le matérialisme en valeur refuge.
Je réalise également à quel point la mission d'élever et d'éduquer un enfant ne doit pas être tâche aisée...