Les devises

"On ne naît pas femme, on le devient"
"Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts"

mercredi 12 janvier 2011

MAIS COMMENT FAISIONS-NOUS AVANT ?

Lorsque je discute avec quelques collègues, également mamans d'adolescents, je me rends compte à quel point notre monde a évolué.

L'une d'entre elles me racontait il y a quelques jours, à son retour de vacances où elle a mené toute sa petite famille festoyer pour Noël à La Grosse Pomme, ce qui n'est quand même pas rien, que sa fille ainée, proche de la majorité, n'a cessé de râler car elle ne pouvait pas surfer comme elle voulait ni utiliser son Iph*ne. Blasée, elle ne se rendait visiblement pas compte de la chance qui lui était offerte de passer ces moments privilégiés en famille dans cette ville qu'il n'est pas donné à tout le monde de visiter.

Faites le test lors d'une réunion de famille ou bien d'une fête organisée, posez la question "De quoi ne pourriez-vous vous passer ?" et vous constaterez que beaucoup, y compris adultes, livreront des réponses sans équivoque du style "de mon portable, d'internet, de ma console etc etc"...

Alors je reviens en arrière - ce qui ne me rajeunit guère - et je me remémore mon adolescence, il y a un peu plus de vingt ans. J'étais en souffrance, solitaire et torturée. Si l'on m'avait posé cette question à l'époque, j'aurais répondu : "de livres et de mes amis".

Aujourd'hui, beaucoup, toutes générations confondues, sont à l'affût du dernier modèle de portable, de la dernière révolution technologique, quitte à les acquérir à crédit. Je suis effarée de voir des mômes de 14-15 ans brandir leur I-machin, leur Black-bidule comme des quasi-prothèses de leurs corps. Je me suis plusieurs fois surprise à constater, dans un quelconque reportage, que la famille présentée comme surendettée ou en grande précarité possédait son bel et grand écran plat. Comme s'il fallait absolument posséder ces objets dernier cri pour se sentir mieux, pour se valoriser vis à vis des tiers.

Dans ce cas j'invite plutôt à aller consulter un psy !

Pourquoi certains s'excusent, tout essoufflés, lorsqu'ils ne répondent pas instantanément sur leur portable ? Pourquoi tant utilisent le portable au volant, alors qu'il y peu de conversations qui ne puissent attendre de les mener en toute sécurité ? Au nom d'une sacro sainte liberté, il faudrait être joignable partout, tout le temps... Je revendique la liberté de répondre à qui je veux, quand je le veux, sans avoir à me justifier si je ne m'exécute pas illico presto.

Pour ce qui est d'internet, je bats ma coulpe. J'en suis moi-même une fervente utilisatrice et je fais le constat qu'il est quasiment impossible de vivre sans. Il me permet d'exprimer mes pensées comme je le fais ici, d'élargir mon champ de connaissance , de m'informer autrement, de communiquer autrement, de rester proche de mes amis et de ma famille éloignés. Toutefois, lorsque je pars à l'étranger, ce qui est assez régulièrement le cas, je ne souffre d'aucun manque si je ne me connecte pas pendant une semaine. Au contraire, j'ai presque l'impression de faire "une cure de désintox", alors même que je ne me considère pas comme accro. J'ai l'impression de prendre une grande bouffée d'air frais en me coupant ainsi du monde virtuel.

Cette sensation est nouvelle car il est vrai qu'avant, avant d'être pleinement épanouie dans mon quotidien, j'utilisais souvent Internet comme une bouée de sauvetage, un outil pour "faire des rencontres", pour passer le temps, pour exprimer mon mal-être. Or, depuis que je suis amoureuse pour de vrai -parce que plus le temps passe et plus je me demande si tout ce que j'ai vécu avant relevait bien de l'amour- mes attentes, mes manques sont comblés par ma moitié. J'ai renoué avec la valeur "famille" en laquelle j'émettais de gros doutes quant à sa préciosité.

Ce que j'aurais envie d'exprimer aux adolescents d'aujourd'hui, c'est qu'il est indispensable d'être relié aux autres et au monde par les nouvelles technologies, mais qu'elles ne représentent pas l'essentiel. Elles ne peuvent remplacer un bon livre, ni les amis. Il vaut mieux partager un bon repas famille, même si c'est vrai, parfois c'est barbant, plutôt que de s'isoler dans sa chambre pour chatter, pour poker ou pour tagger. Il faut savoir les consommer utilement et avec parcimonie et pas comme un outil pour rompre l'isolement car au contraire, elles isolent encore plus.

Il faut surtout fuir toute forme de dépendance et redonner leur place aux valeurs du coeur, ne pas ériger le matérialisme en valeur refuge.

Je réalise également à quel point la mission d'élever et d'éduquer un enfant ne doit pas être tâche aisée...

mardi 11 janvier 2011

DE-BOR-DES* !


* Titre largement inspiré de celui de cet ouvrage que j'ai très envie de lire mais qui risque de me foutre un peu les nerfs en pelote


Chaque entreprise représente un microcosme de la société et à chaque poste que j'ai occupé au sein de diverses structures, en observatrice de la nature humaine que j'aime être, je me suis retrouvée tour à tour admirative, étonnée mais malheureusement aussi souvent très remontée du fait de certains comportements.

Depuis presque trois ans, je travaille pour une grande entreprise qui, jusqu'à il y a peu, était une structure publique. Autant dire que quand j'y ai pris mes quartiers, j'ai été à maintes reprises stupéfaite par le mode de fonctionnement très "administratif", moi qui arrivais du privé. Néanmoins, même dans le privé, j'ai eu à faire à des tire-au-flanc, des profiteurs, des râleurs, parfois les trois à la fois.

Le dirigeant de l'entreprise, que je cotoie au quotidien, suscite toute mon admiration. C'est un bourreau de travail, impliqué dans chaque dossier qu'il maîtrise du bout des doigts, il est brillant et en même temps il a gardé un côté très accessible, très simple, très à l'écoute. Depuis une trentaine d'années à la tête de la hiérarchie, il apparaît presque comme une figure paternelle même si beaucoup en ont peur car il ne mâche pas ses mots quand il a à redire, qualité que je n'ai pas rencontré souvent chez des dirigeants, préférant laisser le "sale boulot" à leurs collaborateurs.

Autant dire que ceux qui officient dans son giron direct, dont je fais partie, sont à bonne école pour remplir leurs missions de façon consciencieuse et exigeante. Pour ma part, j'en suis ravie puisque cela répond parfaitement à mon perfectionnisme et à la rigueur que je m'impose.

Et puis il y en a d'autres, ceux qui sont loin de lui, géographiquement parce que dans des bureaux un peu éloignés, et dans la mentalité, l'éducation.

J'en ai eu encore aujourd'hui un exemple flagrant.

Un chef de service, avec le salaire qui va avec, soit environ le double du mien, m'envoie un mail pour solliciter un rendez-vous avec le grand chef afin d'évoquer les dossiers en cours. Tout le monde sait parfaitement que l'agenda du grand chef est très serré et que les disponibilités sont rares et précieuses.

Dans son mail, le type demande donc un créneau mais il se permet de poser ses conditions, fonction de ses engagements personnels (qui ne devraient normalement pas intervenir dans un cadre professionnel puisque TOUS, nous avons des vies hors du travail mais PRESQUE TOUS nous faisons en sorte qu'elles interfèrent au minimum dans le cadre professionnel), à savoir :

1/ pas après 16h00 car parfois il doit aller chercher son fils au collège - sans oublier au passage de citer ledit établissement qui est un des plus prisés de la ville, réservé à "l'élite", histoire de se donner de l'importance - et que comme il est divorcé et que la mère du gosse ne peut pas toujours s'en charger, blablablabla

Commentaire de moi-même : ton gosse, il a 14 ans, je pense qu'il est capable de prendre une carte de bus et de rentrer tout seul chez lui, d'autant que le collège se trouve dans la ville où il habite. Il existe aussi des femmes ou hommes seuls qui se font aider par un parent ou qui paient une nounou, et qui n'ont pas forcément les moyens financiers pour le faire mais ils se débrouillent...

J'ai envie de lui répondre que dès mes 11 ans et mon entrée au collège, je me tapais par tous les temps, 2km en vélo pour aller à l'arrêt du car qui ensuite m'amenait au collège situé à une dizaine de kilomètres et que si je finissais avant l'heure du car, j'allais en étude faire mes devoirs en attendant.

Que moi aussi j'avais des parents divorcés qui ne s'entendaient pas qui ne m'ont jamais couvée comme un oeuf sous le cul d'une poule et que je les en remercie car grâce à eux, j'ai vite appris à me débrouiller toute seule, à ne dépendre de personne et à ne pas attendre non plus quoi que ce soit de quiconque.

Et je ne suis pas devenue délinquante pour autant...

2/ pas le mercredi après-midi. Aucun motif invoqué quant à cette contrainte mais que je sache, il est payé pour un plein temps donc je me demande ce qui justifie qu'il ne contracte aucun engagement le mercredi aprem, peut-être qu'il veut être à la maison avec fifils défois qu'il ait besoin de son papa pour lui percer ses boutons.

3/ pas pendant la semaine LEGALE de vacances (j'aime le terme mis en avant, alors que le mec se prend des heures voire des demi-journées à foison sans rien demander à personne) qu'il va prendre en février.

Dans ma grande mansuétude, je n'ai pas donné le message en l'état au grand chef ne pas lui faire monter l'énervement parce sinon ce sont les collaborateurs qu'il a sous la main qui risquent d'en faire les frais.

J'ai donc juste proposé des créneaux adéquats.

Parfois je me demande pourquoi je suis aussi conne, à culpabiliser quand une ou deux fois dans l'année je dois partir un peu plus tôt pour un rendez-vous médical ou un truc dans le genre, alors que déjà les 37,5 heures hebdomadaires sont pour moi une utopie et qu'en plus je ne suis pas cadre.

Puis il y a les profiteurs, du genre de ce haut responsable qui lui, non content de voyager gratos partout dans le monde de par sa fonction en en faisant parfois profiter Madame, se fait faire de fausses factures par les restaurants où il bouffe pour 3 francs 6 sous afin de faire passer le montant maximum accordé par le plafond de remboursement sur note de frais et ainsi d'encaisser la différence.

Puis celui qui vient se plaindre à une assistante qui touche en gros cinq fois moins que lui que oui, c'est très difficile de partir au ski à quatre !!!

Un autre, du même acabit, qui clame qu'il attend les soldes d'hiver pour faire les cadeaux de Noël, pour faire des économies.

Ce sont toujours ceux là qui ont toujours une bonne excuse pour ne pas contribuer au cadeau d'un collègue sur le départ.

Le pire, c'est que ce sont toujours ceux là, les mieux lotis et les mieux payés, ceux qui profitent gratuitement de tout ce que le petit personnel doit payer, qu'il s'agisse de voiture, d'essence, de téléphone etc, qui râlent, qui gémissent, qui se plaignent de leur condition et qui osent faire semblant d'être débordés alors qu'en fait ils se barrent à 17h00.

Franchement, parfois, avec tout ce que je vois, tout ce que j'entends, tout ce que je lis, j'aimerais bien que le grand chef soit doté du don d'ubiquité pour observer tout ce qui se passe ailleurs qu'à la direction où le niveau de pression et d'exigence est au plus haut.

J'attends patiemment les bouleversements qui devraient intervenir l'année prochaine. Certains risquent de trembler...

En attendant, je contiens souvent tant bien que mal mon agacement et mène du mieux possible les tâches qui m'incombe sans me plaindre et avec le sourire !

Je ne suis peut-être pas surdiplômée, je ne suis peut-être pas en haut de l'organigramme, mais au moins je suis généreuse, je ne suis pas blasée, je sais me contenter de peu, je suis autonome et je travaille dans la bonne humeur...

Alors c'est certain, je ne serai jamais riche !


jeudi 6 janvier 2011

LA BONNE ANNEE LA BONNE SANTE...

Extrait de ce petit trésor d'utilité publique à mettre entre toutes les mains...

"Toi, moi, nous tous avons été élevés dans cette stupide mentalité. Il nous manque toujours quelque chose pour être satisfaits ; or, ce n'est que satisfait qu'on peut jouir de ce qu'on a.

Nous avons donc appris que le bonheur viendra lorsque nous aurons obtenu ce qui nous manque...

Et comme il nous manque toujours quelque chose, on en revient au début et jamais on ne peut jouir de la vie...

Mais que se passerait-il si l'illumination arrivait dans nos vies
et si nous nous rendions compte, ainsi, d'un seul coup,
que nos quatre-vingt-dix-neuf pièces sont le trésor tout entier ?

Qu'il ne nous manque rien,
Que personne ne nous a rien pris,
Que cent n'est pas plus rond que quatre-vingt-dix-neuf ?

Que tout ça n'est qu'un piège,
Une carotte qu'on a tendue devant nous pour nous rendre stupides,
Pour que nous tirions la charrue, fatigués, de mauvaise humeur,
Malheureux et résignés ?

Un piège pour que nous n'arrêtions jamais de pousser
Et pour que tout continue de la sorte.
Eternellement !

Combien de choses changeraient
Si nous pouvions jouir de nos trésors tels qu'ils sont ?

Mais attention, reconnaître un trésor dans quatre-vingt-dix-neuf ne veut pas dire abandonner ses objectifs. Cela ne veut pas dire se contenter de n'importe quoi.

Car accepter est une chose, se résigner en est une autre."


A l'aube de cette nouvelle décennie, je vous souhaite une excellente année 2011. La bonne santé reste l'essentiel. Pour le reste, inutile d'en vouloir toujours plus.

Sachons nous contenter des choses qui composent notre vie d'aujourd'hui et qui nous procurent plaisirs et satisfactions.

Sachons rester modestes dans nos attentes et ne pas courir après ce que nous n'avons pas car de toute façon, une fois que nous parviendrons à l'avoir, nous ne serons pas plus heureux puisqu'une autre envie surviendra.

Sachons réviser notre modèle d'éducation et ne pas tomber dans la consommation effrénée, et alors peut-être accèderons-nous à la suprême récompense :

"la valorisation de ce que tu as et la possibilité d'en jouir à partir de ce que tu es"

A bons entendeurs, je vous salue...