Et voilà ! Ca c'est fait !
Bon, certes, notre petit colis a pointé le bout de son nez avec deux mois d'avance.
L'accouchement s'est déroulé dans des circonstances très difficiles que je vais résumer très rapidement.
Le 19 novembre, le gynéco m'a fait hospitaliser en urgence pour de l'hypertension, dangereuse pendant la grossesse. Au fil des heures j'ai commencé à gonfler à cause d'oedèmes, d'abord au visage, puis autour des reins et du coeur. Puis les analyses de sang et d'urine ont révélé des anomalies. Le diagnostic a été vite posé : pré-éclampsie.
Le jeudi 22 novembre en fin de matinée, j'ai été transférée dans un autre hôpital, spécialisé dans les accouchements prématurés - j'étais alors à 33 semaines. Face au monitoring qui montrait un foetus de moins en moins réactif, et à mes oedèmes qui commençaient à me mettre en danger, décision à été prise de pratiquer une césarienne l'après-midi même.
Séréna est donc née le 22 novembre à 16h57, tout s'est passé très vite... Elle pesait 1,790kg pour 42cm. Quand je l'ai entendue pleurer, j'ai réalisé tout ce qui venait de se passer et quand je l'ai vue pour la première fois, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, j'ai relâché cette pression des trois jours précédents, qui avaient été si intenses.
Séréna est, depuis sa naissance, hospitalisée en service de néonatologie, le temps de prendre des forces et surtout d'apprendre à s'alimenter de façon autonome, sans sonde gastrique. Elle évolue très rapidement et pèse aujourd'hui 2,230 kg pour 44cm. Elle commence à boire au biberon et réclame la nourriture, ce qui est excellent. Elle est adorable, ne pleure que quand elle a faim, est une petite fille très calme, sereine (ce qui nous laisse à penser que nous avons très bien choisi son prénom !).
Nous passons donc beaucoup de temps auprès d'elle, à l'hôpital, et les liens se crééent très rapidement. Cette bouffée d'amour qui nous est tombée dessus ne fait que croître. Nous fondons face à ce visage, à ces yeux...
Pour ce qui me concerne, les suites de couches sont compliquées et je cours de médecin en médecin. La tension a eu du mal à redescendre, enfin elle est revenue depuis quelques jours à un niveau décent. Mais au hasard d'une visite chez le cardiologue, celui-ci m'a découvert une insuffisance cardiaque, sans doute liée à la grossesse. Une pathologie très rare, appelée myocardiopathie du post partum. Le diagnostic va être confirmé ce mercredi par un autre cardiologue, grand spécialiste qui connait cette maladie. En attendant, j'ai dû cesser l'allaitement, à cause d'une part des médicaments que je dois prendre et d'autre part du danger lié à la production de prolactine, qui serait un facteur aggravant de cette faiblesse cardiaque.
Quelques jours après l'accouchement j'ai subi un gros baby blues, du fait d'une mauvaise prise en charge à l'hôpital d'une part, et de mes angoisses face à mes problèmes de santé d'autre part. J'ai très mal vécu la sensation d'avoir été dépossédée de la fin de ma grossesse. J'étais totalement destabilisée, ne sachant plus si j'étais encore enceinte ou pas, ne supportant pas l'absence de mon enfant. Je me suis prise en main, ai discuté et rencontré des personnes à même de me rassurer, de m'écouter, de me comprendre. Aujourd'hui je vais beaucoup mieux. Je suis bien suivie médicalement, ma fille se porte excellement bien et mon homme et moi sommes plus proches que jamais. Il se révèle vraiment être un papa et un conjoint formidables, ce dont je me doutais déjà.
Nous espérons maintenant que Séréna sera avec nous, à la maison, pour les fêtes... Mais la décision appartient aux médecins et nous la respecterons. Nous sommes en train de finaliser la préparation de sa chambre et l'achat de tout le matériel parce qu'évidemment, arrivée avec deux mois d'avance, rien n'était prêt !
Une nouvelle vie commence, celle de maman... Et elle s'annonce passionnante et pleine d'amour et de joie.
Je l'aime tellement notre famille...

