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dimanche 13 mars 2011

UNE DOSE D'OPTIMISME DANS LA MOROSITE AMBIANTE...

J'avoue que je me demande quelle tournure donner à cet article.

Est-ce opportun de se regarder le nombril et de raconter sa petite existence alors que des populations vont de traumatismes en menaces, que d'autres sont prêtes à mourir pour s'affranchir de la tyrannie ? L'actualité du moment nous remet sans aucun doute les idées en place et nous incite à minimiser ses propres petits malheurs, même si ceux-ci nous semblent importants puisqu'ils se rapportent à nous. Ce cataclysme au Pays du Soleil Levant nous rappelle que nous appartenons tous à une même humanité et fait la nique à tous les discours qui affirment le contraire.

Quoiqu'il en soit, l'élan compassionnel que j'éprouve depuis trois jours pour nos compatriotes Japonais ne va pas m'empêcher de me livrer ici, sur mon espace.

D'autant plus que je constate, pour ce qui me concerne, que la tendance défavorable qui me faisait parfois frôler la sinistrose depuis la fin de l'année 2010 semble s'inverser et que du coup, j'ai tendance à penser qu'un peu de bonnes nouvelles dans cette morosité ambiante ne peut pas faire de mal.

Alors c'est peut-être parce que je rentre de quelques jours de vacances au vert que je me sens bien ? C'est possible, mais pas seulement.

Oui, Homme et moi nous sommes octroyés trois jours d'escapade dans les Alpilles et le Lubéron cette semaine, et nous avons eu le nez fin quant aux dates choisies car nous avons bénéficié d'une météo fabuleuse, grand soleil et zéro Mistral, alors que depuis notre retour il ne fait que pleuvoir !

Nous avons soudainement ressenti le besoin de nous évader de notre environnement quotidien. Besoin de souffler, de nous retrouver, de sortir de la routine faite d'incertitudes et parfois de tensions. Alors nous sommes partis presque sur un coup de tête.

Nous n'avons cessé de nous extasier sur la beauté des paysages, sur ces espaces préservés de l'urbanisation, totalement sauvages, sur la richesse du patrimoine historique. Et également sur la gentillesse des habitants, à chaque fois surpris des voitures qui s'arrêtaient aux passages piétons alors même que nous n'étions pas engagés, alors que chez nous, même en train de traverser sur les clous, c'est tout juste si nous ne nous faisons pas renverser et quoiqu'il en soit, nous nous faisons copieusement insulter !!

Homme avait passé plusieurs entretiens d'embauche ces derniers jours mais à chaque fois, il se désolait du niveau de salaire proposé, bien en-deça de ce qu'il gagnait auparavant et surtout en totale inadéquation avec les responsabilités intrinsèques aux différents postes. Bienvenue dans le beau monde la recherche d'emplois, des désillusions et des négociations de marchands de tapis !

Suite à ces entretiens, Homme s'est lancé dans des calculs d'apothicaire pour voir jusqu'à quel minimum de salaire il peut descendre. Et la marge de manoeuvre par rapport à son ancien salaire est quasiment nulle puisque nous n'avons jamais nagé dans l'opulence. Nous vivons dans une région où le coût de la vie est extrêmement élevé, proche de celui de la capitale, et au contraire les salaires sont plutôt bas.

Cela nous a valu quelques discussions houleuses. Homme est parfois trop conciliant et cela m'énerve. J'ai tenté de lui expliquer par A + B qu'il ne s'agit pas de brader ses compétences, qu'il doit valoriser au maximum son expérience de plus de quinze ans. Qu'il ne s'agit pas de gagner moins que ce que lui verse actuellement le P*le Empl*i. Qu'il ne s'agit pas de miser non plus sur une éventuelle augmentation de mon salaire qui mettrait du beurre dans les épinards car tant que rien n'est fait, il vaut mieux ne pas y croire. J'ai tenté de lui faire comprendre que le but n'est pas de vivre moins bien qu'avant mais plutôt à minima de rester sur le même niveau de revenu. sans quoi le paiement de nos frais fixes serait mis en péril.

Sur les trois postes qu'il s'est vu proposer, deux étaient vraiment très en-dessous du niveau de salaire qu'il s'est fixé. Le troisième employeur en revanche, de par son discours, semblait ouvert à la négociation et comme le différentiel entre le salaire proposé et le salaire que souhaiterait Homme était moindre, Homme a tenté le coup.

Nous sommes donc partis en amoureux afin de nous évader des considérations chiffrées qui hantaient nos soirées depuis quelques jours. Et dans l'après-midi du premier jour de ces mini-vacances, Homme a été appelé par le dernier employeur. Il a accepté de revoir le salaire à la hausse et lui offre le poste, avec au départ six mois de formation professionnelle diplômante, puis le CDI. Cette formation était prévue, autant dire qu'il s'agit pour l'employeur d'instaurer une relation pérenne avec son collaborateur.

Autant dire que nous avons pu profiter du reste de notre séjour, l'esprit libéré ! Mercredi, Homme ira signer la convention de formation et celle-ci devrait démarrer très rapidement.

La période de chômage d'Homme aura été de courte durée, trois mois très exactement. Nous nous en félicitons et abordons sereinement l'avenir...

... d'autant que pour ce qui me concerne, l'avenir professionnel semble également prometteur. L'évolution de poste qui devait intervenir l'année prochaine pourrait survenir en fait rapidement, dans les mois à venir, puisque la personne qui occupe actuellement cette fonction aspire à en changer. Cela tombe bien ! Un poste correspondant à ses attentes va se libérer très prochainement, et elle s'est déjà positionnée dessus. Du coup, comme je travaille avec elle et la remplace quand elle est absente, je suis la personne naturellement pressentie et également souhaitée par Big Boss pour lui succéder.

Mais rien n'est signé pour l'instant alors tant que ceci n'est qu'hypothèse, je reste sur mes gardes et continue mon petit bonhomme de chemin sur mes missions actuelles.

Nous sommes rentrés de ce petit séjour totalement régénérés et plus proches que jamais, malgré l'ambiance électrique d'hier à cause du match de rugby Italie-France qui, une fois n'est pas coutume, a vu les Italiens s'imposer.

Homme profite de ses derniers jours en tant que "chômeur" pour faire un aller-retour en Italie afin de remplir quelques formalités administratives.

Quant à moi, je retourne au bureau mardi et demain, la journée sera consacrée à la corvée des courses et au rendez-vous hebdomadaire chez le médecin spécialiste en rééducation fonctionnelle qui tente de redonner une forme décente au bas de ma colonne.

Je conclus avec quelques photos de nos petites vacances... Hauts les coeurs ! L'horizon finit toujours par s'éclaircir.

Les Baux de Provence

Les Baux de Provence

Les arènes d'Arles

Le Palais des Papes

La place du Palais des Papes

Le Pont d'Avignon

Gordes

Roussillon


mercredi 12 janvier 2011

MAIS COMMENT FAISIONS-NOUS AVANT ?

Lorsque je discute avec quelques collègues, également mamans d'adolescents, je me rends compte à quel point notre monde a évolué.

L'une d'entre elles me racontait il y a quelques jours, à son retour de vacances où elle a mené toute sa petite famille festoyer pour Noël à La Grosse Pomme, ce qui n'est quand même pas rien, que sa fille ainée, proche de la majorité, n'a cessé de râler car elle ne pouvait pas surfer comme elle voulait ni utiliser son Iph*ne. Blasée, elle ne se rendait visiblement pas compte de la chance qui lui était offerte de passer ces moments privilégiés en famille dans cette ville qu'il n'est pas donné à tout le monde de visiter.

Faites le test lors d'une réunion de famille ou bien d'une fête organisée, posez la question "De quoi ne pourriez-vous vous passer ?" et vous constaterez que beaucoup, y compris adultes, livreront des réponses sans équivoque du style "de mon portable, d'internet, de ma console etc etc"...

Alors je reviens en arrière - ce qui ne me rajeunit guère - et je me remémore mon adolescence, il y a un peu plus de vingt ans. J'étais en souffrance, solitaire et torturée. Si l'on m'avait posé cette question à l'époque, j'aurais répondu : "de livres et de mes amis".

Aujourd'hui, beaucoup, toutes générations confondues, sont à l'affût du dernier modèle de portable, de la dernière révolution technologique, quitte à les acquérir à crédit. Je suis effarée de voir des mômes de 14-15 ans brandir leur I-machin, leur Black-bidule comme des quasi-prothèses de leurs corps. Je me suis plusieurs fois surprise à constater, dans un quelconque reportage, que la famille présentée comme surendettée ou en grande précarité possédait son bel et grand écran plat. Comme s'il fallait absolument posséder ces objets dernier cri pour se sentir mieux, pour se valoriser vis à vis des tiers.

Dans ce cas j'invite plutôt à aller consulter un psy !

Pourquoi certains s'excusent, tout essoufflés, lorsqu'ils ne répondent pas instantanément sur leur portable ? Pourquoi tant utilisent le portable au volant, alors qu'il y peu de conversations qui ne puissent attendre de les mener en toute sécurité ? Au nom d'une sacro sainte liberté, il faudrait être joignable partout, tout le temps... Je revendique la liberté de répondre à qui je veux, quand je le veux, sans avoir à me justifier si je ne m'exécute pas illico presto.

Pour ce qui est d'internet, je bats ma coulpe. J'en suis moi-même une fervente utilisatrice et je fais le constat qu'il est quasiment impossible de vivre sans. Il me permet d'exprimer mes pensées comme je le fais ici, d'élargir mon champ de connaissance , de m'informer autrement, de communiquer autrement, de rester proche de mes amis et de ma famille éloignés. Toutefois, lorsque je pars à l'étranger, ce qui est assez régulièrement le cas, je ne souffre d'aucun manque si je ne me connecte pas pendant une semaine. Au contraire, j'ai presque l'impression de faire "une cure de désintox", alors même que je ne me considère pas comme accro. J'ai l'impression de prendre une grande bouffée d'air frais en me coupant ainsi du monde virtuel.

Cette sensation est nouvelle car il est vrai qu'avant, avant d'être pleinement épanouie dans mon quotidien, j'utilisais souvent Internet comme une bouée de sauvetage, un outil pour "faire des rencontres", pour passer le temps, pour exprimer mon mal-être. Or, depuis que je suis amoureuse pour de vrai -parce que plus le temps passe et plus je me demande si tout ce que j'ai vécu avant relevait bien de l'amour- mes attentes, mes manques sont comblés par ma moitié. J'ai renoué avec la valeur "famille" en laquelle j'émettais de gros doutes quant à sa préciosité.

Ce que j'aurais envie d'exprimer aux adolescents d'aujourd'hui, c'est qu'il est indispensable d'être relié aux autres et au monde par les nouvelles technologies, mais qu'elles ne représentent pas l'essentiel. Elles ne peuvent remplacer un bon livre, ni les amis. Il vaut mieux partager un bon repas famille, même si c'est vrai, parfois c'est barbant, plutôt que de s'isoler dans sa chambre pour chatter, pour poker ou pour tagger. Il faut savoir les consommer utilement et avec parcimonie et pas comme un outil pour rompre l'isolement car au contraire, elles isolent encore plus.

Il faut surtout fuir toute forme de dépendance et redonner leur place aux valeurs du coeur, ne pas ériger le matérialisme en valeur refuge.

Je réalise également à quel point la mission d'élever et d'éduquer un enfant ne doit pas être tâche aisée...